Saturday, August 7, 2010

Le Choc du Retour Inexistant


Il y a à peine 5 jours, je retrouvais Paris et sa banlieue.

Malgré un voyage difficile qui a accentué ma hâte de « rentrer à la maison », je n’ai rien trouvé d’exceptionnel à ce retour. C’est comme si seul le temps avait évolué. Les gens et les choses n’ont pas osé changer.

Même ma vie a conservé son essence, alors que mon expatriation était sensée y couper cours. Je dors à peine 4 heures par nuit, je profite de mes amis, je subis mon « 9 to 5 », et m’adonne à mes divers passions et projets artistiques.

J’ignore si se sentir comme un poisson dans l’eau, après 6 mois d’absence, relève de l’étrangeté, mais je pense que le fait qu’il ne s’agisse pas de ma première expérience en la matière le justifie.
Les souvenirs du Mexique et de ma vie mexicaine nourrissent inlassablement ma nostalgie, mais je me sens bien ici.

Ahorita : Hofstede avait triplement vu juste

“Ahorita te lo doy en un momentito…”
“Ahorita vamos!”
Ces tournures, vous allez les entre 1000 et une fois. Pourtant chaque fois elles seront associées à une sémantique différente.

A l’origine ahorita prend racine chez son cousin germain, ahora, qui signifie maintenant, pour décliner ce-dernier en sous fractions de temps qu’on traduira alors par dans un petit instant. Seulement voilà, toute la supercherie repose dans l’ita.

Auditivement rassurant, l’ita nous projette dans une action imminente, mais dans les faits, j’ai vécu des ahorita de quelques secondes (jusqu’ici tout va bien), de 5 à 15 minutes (RAS parce qu’en général les gens d’ici prennent le temps de vivre), des ahorita de 30 minutes (ça commence à faire long), et à l’instant, à l’aéroport, un ahorita d’au moins 45 minutes. Qu’on ait une approche flexible du temps, je veux bien, mais 45 minutes non!
Alors bien sur je prends mon mal en patience, et j’attends…une anecdote de plus pour le blog...

Parfois on peut se permettre un très neutre « porque tarda tanto? », au risque toutefois d’irriter l’interlocuteur qui vous le rendra.
Méfiez-vous aussi des ahorita qui noient votre requête/promesse aux oubliettes, et se transforment impunément en nunca (jamais). ; )

Enfants Surprotégés

En pleine discussion anodine avec ma mère d’accueil, la question « qui paye ta scolarité? » revient. Soit elle ne se souvient plus de nos précédentes conversations, soit elle vérifie.
En effet, ici tout porte à croire qu’il n’est pas coutume pour les jeunes étudiants de se prendre en charge eux-mêmes. Ils sont enfermés dans un cocon familiale, dans lequel les parents prennent tout en charge, jusqu’aux petites tâches ménagères quotidiennes. Cela n’encourage pas une grande maturité chez l’étudiant.

Personnellement, je refuse d’alourdir les responsabilités de ma mère avec une décision personnelle, celle d’étudier à l’étranger, avec toutes les dépenses superflues qu’elle comporte.

De retour à Québec, elle ne voit pas comment je vais continuer à subvenir à mes besoins, après seulement un mois de travail en France. Je vais trouver du travail. Ca va suffire? Je pense que oui. J’espère. A chaque jour suffit sa peine…et qui ne tente rien n’a rien.

En Juin Tu Te Réjouiras d'un Rien


De retour de mon cours de Technique Vocale, je suis contente d’être au Tec de Monterrey. Je me sens bien, et ce cours m’offre une plus grande liberté, à l’image d’une expatriation réussie.

Lorsque Lucia donne les instructions, tout relève du challenge. Vais-je être à la hauteur? Quelques rires plus tard, l’exercice exécuté, mission réussie. Le dépassement de soi s’exerce partout et en tout temps, même – et je dirais même surtout – lorsque nous sommes sortis de notre zone de confort. Aujourd’hui j’ai chanté Hometown Glory d’Adele… comme jamais. 

Le Mexique c'est aussi la dolce vita


De retour d’un weekend fort agréable sur la capitale, México city, dit Districto Federal (DF), je réalise au combien j’aime ce pays. En ce premier weekend du mondiale, on respirait le foot et la joie partout. Mais bien avant cet évènement, on pouvait déjà respirer la joie. C’est le propre du Mexicain… « pasarla bien ».

L’architecture est assez impressionnante car c’est une rencontre de 2 époques différentes. On y trouve des bâtiments modernes encastrés dans d’anciennes bâtisses.

Les Taxis



Après avoir passé une nuit entière à faire des balades en taxis, il est plus que nécessaire que je vous prévienne : si vous comptez aller quelque part à Querétaro sans connaître l’itinéraire exact ou l’adresse exacte de cet endroit, oubliez! Les taxi-man, et les passants en général, ne savent rien sur rien. A croire que personne ne vit ni ne travaille ici. Méfiez-vous donc des taxi-man qui vous jurent monts et merveilles mais qui s’arrêtent toutes les 5min pour demander leur chemin (et vous et vous font payer en conséquence).

Avis aux entrepreneurs : un lancement de masse du « GPS pour tous » serait bienvenu!
Oh, il existe aussi les taxi-man à qui vous expliquez tout dans les moindres détaillent mais qui pensent savoir mieux que vous où vous habitez. Alors bien sur vous capitulez, et une demi-heure plus tard vous êtes toujours perdus… enfin viva Querétaro quand même!

Des centaines de bureaux de change, 0 dollar canadien


Grande fut ma frustration d’arpenter toute les rue de la ville à la recherche d’un bureau de change qui accepte de me vendre des pesos contre mes dollars canadiens.
HSBC n’accepte que les chèques, Santander n’accorde l’opération qu’aux clients ayant un compte courant, les bureaux de change les plus proches n’acceptent que le dollar américain.
A ce moment précis un mot et une question s’entrechoquent dans mon esprit. L’ALENA…à quoi bon se plier en quatre pour laisser circuler des personnes, des biens, des services, mais pas leur devise??!!

24h après, je mettais fin à ma fureur en trouvant l’unique bureau de change qui acceptait mes dollars canadiens. En réalité, certaines banques sont habilitées à le faire, mais bien sur, passé 16h, oubliez!

En Mai Fait ce Qu'il te Plaît


Voilà une semaine que je croise des gens qui font de la capoeira dans le parc à côté du pont que j’emprunte pour me rendre au Tec et rentrer chez moi.
Depuis le premier jour, je rêve de les aborder car j’ai toujours voulu m’essayer à cet art martial.
Je me jette finalement à l’eau, et Zazu accepte que je me joigne au groupe. En route donc pour des entraînements INTENSIFS, de 18 à 20h30, tous les jours.

Le premier fut le plus excitant car je me découvrais des capacités physiques insoupçonnées. Même si d’atroces douleurs ont suivies, renforcées par des courbatures indélébiles, je me sentais bien. En harmonie avec la vie. C’est aussi à cela que la capoeira sert : aider le corps à rejoindre l’esprit.
Dire qu’il aura fallu le Mexique pour que je puisse enfin découvrir cette joie!

Hofstede - Outil de Mesure

Ce n’est qu’au cours d’une conversation plus approfondie, basée sur les concepts d’Hofstede, qu’ont pu se dessiner de vraies différences.
Les différences entre les idées reçues et les réalités, ainsi que les différences entre la position du Mexique sur la grille d’Hofstede et sa situation réelle.

La distance hiérarchique est un fait, mais selon ma mère d’accueil, à partir du moment où un employé remplit dignement ses fonctions, tout va pour le mieux. Son directeur adopte un mode de gestion participative, et l’ambiance est à la camaraderie au sein de l’équipe.

Si le mexicain évolue au sein d’une petite équipe, les relations sont amicales, et les membre du groupe tendent vers plus de collectivisme.

Il règne effectivement un fort degré de masculinité car la plupart des gens aspirent à construire une maison toujours plus grande, toujours plus belle; ils veulent plus d’argent pour acheter de nouvelles voitures, toujours plus grandes, toujours plus performantes alors que le pays va mal.

En ce qui concerne les stéréotypes, ma mère d’accueil n’en avait pas vraiment. Elle pensait que les français étaient comme tous les européens. Froids, obsédés par le travail et réticents à fonder une famille. Mais la France en elle-même était synonyme de Tour Eiffel.
Maintenant, la France sera synonyme de Tour Eiffel et de Cynthia. Je me rends compte que nous sommes d’une certaine façon ambassadeurs de nos pays au Mexique.
Ma mère d’accueil pense d’ailleurs que, contrairement aux européens, le grand problème des Mexicains réside dans leur fainéantise. Adeptes de la procrastination, ils ne se soucient pas du travail à faire.

Ceci va à l’encontre des stéréotypes que j’avais, basés sur mon expérience avec des mexicains en Californie.
Là-bas, ils sont très travailleurs. On dit d’ailleurs qu’il est impossible de se lever avant les mexicains et le soleil.

Ici, ils sont effectivement d’une lenteur parfois exaspérante et ne semblent pas avoir la notion du temps.

Et si nous n'étions pas si différents?



Après 1 mois de découverte, je pense que les principales ressemblances/différences du Mexique et de la France sont principalement d’ordre comportemental.

Ici, les gens sont très accueillants et transpirent la joie vivre. Il
n’existe pas de crainte de l’autre et chacun reste dans sa bulle parce
que contrairement à ce qu’avance Hofstede, le mexicain est plutôt de
nature individualiste selon ma mère d’accueil. S’ils sont très avenants
avec moi, c’est uniquement parce que je suis étrangère. J’apprécie
d’ailleurs le fait que l’étranger suscite un tel intérêt alors qu’en
France il est en général synonyme d’envahissement.

En effet, en France on assiste à un véritable refus d’interagir avec l’autre parce qu’on se sent soit supérieur, soit apeuré par l’autre.
Les gens ont tendance à se plaindre constamment, étouffés par les problèmes personnels et généraux comme les grèves intempestives.
Le français à tendance à toujours tout dramatiser alors que le mexicain
fait face aux problèmes avec philosophie, ou accepte la fatalité sans
broncher.

Ainsi, une femme attend 3 mois de salaire depuis bientôt deux mois car
le gouvernement, censé la rémunérer, n’a pas réglé toutes les conditions
administratives liées à son embauche. Elle restera patiente le temps
qu’il faudra, car toute plainte lui couterait son contrat de travail de
6 ans.
En France, l’affaire aurait déjà fait la une des journaux plus d’une
fois, et le salaire serait versé avec des indemnités à la clé, bien que
je doute fort qu’une telle situation puisse arriver un jour.

Bien sûr la cuisine, le temps et la langue sont différents aussi, mais
c’est ce qui fonde une culture.

Une des ressemblances marquantes réside dans le fait que beaucoup de
mexicains sont catholiques croyants, mais non pratiquants. L’opinion
publique veut pourtant que les mexicains soient très religieux.

Un Premier Bilan Positif

Après un mois passé à Querétaro, je suis contente de pouvoir dire qu’aucun choc culturel n’est venu ternir mon séjour.
Étant française d’origine africaine, je me retrouve dans cette culture similaire à la mienne.
La nourriture est un enchantement, et ma famille d’accueil l’est tout autant. Elle me rappelle pour ainsi dire la mienne. Sans parler du fait qu’elle m’a intégrée à son unité d’une façon si naturelle que je n’ai jamais eu l’impression d’être l’invitée d’honneur, ni même l’étrangère.
Nous communiquons énormément, et dès le début, la mère et moi avions fait le pacte de la correction systématique à la moindre erreur linguistique.
Je sens une évolution constante, et je peux comprendre mes interlocuteurs mexicains avec de moins en moins de difficultés.

Aussi, même si la lune de miel fut de courte durée (une semaine), je ne suis pas tombée dans la phase de frustration intense. A part peut-être pour les cours (platitude du cours de grammaire), mais je me soupçonne d’y être allergique quelque soit le pays. :)
Et puis les professeurs s’avèrent être d’une grande efficacité puisque toujours à l’écoute.

Après étude, je pense donc surfer sur la pente ascendante de la maturité. La vie mexicaine me plaît, j’améliore continuellement mes rapports avec la famille d’accueil, la langue espagnole n’est plus un obstacle à une communication effective, et j’ai outrepassé les appréhensions que j’avais quant au fait de m’aventurer seule dans les rues. Je l’ai fait plus d’une fois, et ca s’est toujours soldé par d’heureuses rencontres.

Les systèmes de télécommunication et les moyens de transports laissent à désirer, mais j’ose espérer que ce n’est qu’une question de temps. Aucun développement ne s’est fait en un jour. Autrement, cela me donne des idées de projets professionnels.

Pour ce qui est de la famille et des amis, j’ai développé une grande résistance à la distance étant donné que j’ai vécu loin d’eux pendant une année et que je réitère l’expérience depuis 6 mois. Nous nous parlons tous les jours grâce à internet, ce qui aide grandement à atténuer l’impatience des retrouvailles.

Qui Dit Expatriation Dit Préparation


Aujourd'hui, je me suis réveillée avec la satisfaction de voir que les deux premières phases de mon expatriation, à savoir « l’avant départ » et « pendant la mission à l’étranger », ont été remplies comme il se devait par l’équipe d’encadrement.

Je tiens particulièrement à saluer l’équipe réactive du CAL et de la Tec
de Monterrey, car depuis le début du séjour, jamais une question n’est
restée sans réponse.
Même s’il est vrai que nous aurions souhaité des informations un peu
plus exactes, notamment sur les dépenses quotidiennes à prévoir et le
type d’activités proposées, l’essentiel a été fourni.

Un des but de l’expatriation étant de pouvoir mettre à profit ses «
compétences d’adaptation culturelle et environnementale », je
n’attendais pas que le travail soit mâché par l’équipe, mais bel et bien
à une démarche personnelle d’adaptation.
Mon seul regret réside dans l’organisation du voyage. Il aurait en effet
été plus judicieux d’organiser le déplacement jusqu’à l’aéroport dès les
premières réunions afin que tout le monde puisse profiter d’un moyen sûr
et économique d’arriver à bon port.

Le reste relève d'une préparation psychologique et personnelle, car personne ne peut ressentir les choses à notre place, et nous sommes certainement les mieux placés pour savoir ce qui nous est indispensable.
Reste une chose universelle à omettre: les a priori.

Mes 5 W


Who: Moi. Je vais conter mon expérience mexicaine.

Why: Parce qu'on nous l'a demandé, mais le concept ayant l'air intéressant, je me prête volontiers au jeu.

When: Dans un soucis de cohérence "temporalo-énonciative", je vous saurai gré de bien vouloir faire comme si vous lisiez ses blogs en temps et en heure, entre mai et juillet 2010.

Where: Au Mexique. Parfois à Santiago de Querétaro, puisque j'ai eu la chance d'y vivre et d'aller au Tecnológico de Monterrey - Campus Querétaro, parfois ailleurs, mais toujours dans ce charmant pays multifacette.

What: Vous trouverez des articles sérieux, d’autres un peu moins, quelques extraits façon journal de bord, et enfin quelques "trucs et astuces" au cas ou l’aventure vous tenterait ;)